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« Les soins funéraires, c’est écouter l’inexprimé »

Roald Geuens organisateur de funérailles Hayen I Sereni

Roald Geuens nous accueille avec un sourire chaleureux et un regard ouvert. Il est clair que cette rencontre va au-delà d’un simple rendez-vous formel: c’est l’occasion pour lui de partager ce qui le motive dans le métier qu’il considère comme sa vocation.

Un métier de vie

« Pour moi, c’est vraiment le travail de ma vie », confie Roald. Ayant grandi dans une famille d’entrepreneurs funéraires à Hasselt – ses parents et sa sœur travaillaient dans le secteur – son chemin semblait tout tracé. Pourtant, il a commencé sa carrière ailleurs : comptabilité, vente et management, d’abord dans le secteur des boissons, puis dans le commerce de matériaux de construction. Partout, il lui manquait quelque chose d’essentiel : l’accomplissement. Finalement, il a trouvé ce qu’il cherchait précisément dans les soins funéraires. « Ici, je peux vraiment apporter quelque chose aux gens dans leurs moments les plus vulnérables », explique-t-il. Un domaine où l’empathie, l’écoute et l’implication personnelle sont primordiales, et où Roald peut pleinement mettre en œuvre ses valeurs uniques.

Le livre de la vie qui ne se ferme jamais

« La vie commence pour chacun comme un livre vide », raconte-t-il. « À la naissance, une nouvelle page s’ouvre, encore vierge. On la remplit petit à petit avec les premières découvertes et les premiers mots. Ainsi se construit le récit d’une vie. Chaque histoire a ses courbes, ses hauts et ses bas. C’est cette combinaison qui rend le livre riche et inoubliable. » Il en va de même pour la vie de nos proches que nous devons un jour laisser partir.

Ressentir l’invisible

« Ce qui m’attire dans ce métier va bien au-delà de l’organisation d’une cérémonie funéraire», dit-il avec philosophie. « Le contact avec les gens, leurs histoires, leur livre de vie… cela me touche à chaque fois. Parfois, ils ne disent rien, mais leur langage corporel révèle beaucoup. En tant que planificateur funéraire, mon rôle est de percevoir leurs besoins avant même qu’ils puissent les exprimer eux-mêmes. »

« Pour moi, c’est vraiment le travail de ma vie »,

Roald Geuens
Roald Geuens
Roald Geuens

Le réconfort dans les petits gestes Il se souvient d’une femme ayant perdu son mari. Elle n’osait presque pas parler de sa peine ni des choix à faire pour offrir un hommage digne à son époux. « En écoutant, en établissant un contact visuel et en étant simplement présent, elle a peu à peu partagé son histoire et a apprécié que je lui donne ce temps pour faire le bon choix. Une main sur l’épaule, un moment de silence partagé… cela aide autant que les mots. Parfois, c’est tout ce qui est nécessaire. «Ou encore l’histoire d’un jeune homme qui s’est suicidé: « La famille était totalement désemparée, remplie de culpabilité et de questions. Nous avons organisé l’adieu ensemble, étape par étape, pour qu’ils sentent qu’ils n’étaient pas seuls. Des gestes simples : une belle photo, une citation que le jeune homme aimait, un souvenir soigneusement intégré dans le matériel imprimé. Cela leur a permis de commencer à vivre leur deuil. »

Un hommage personnalisé

Il raconte également une crémation particulière d’un chanteur country célèbre. « Il était important de refléter sa personnalité dans la cérémonie. Nous avons choisi ensemble la musique, les photos et les récits qui représentaient vraiment sa vie. Son talent artistique se retrouvait aussi sur les faire-part et souvenirs imprimés. C’était intense, émotionnel, mais la famille sentait que c’était important pour honorer leur mari et père. C’est cela qui compte : aider les gens à créer quelque chose de concret, de réconfortant et fidèle à la vie qu’ils ont perdue. »

Poursuivre l’histoire ensemble

Au sein de Sereni, Roald collabore étroitement avec toute l’équipe de Hayen à Bilzen-Hoeselt. «C’est un honneur de poursuivre le travail de Marc Hayen avec ces collègues dévoués. Nous nous soutenons mutuellement, partageons nos connaissances et faisons en sorte que chaque famille ait un interlocuteur unique pour chaque question. Le contact local rend l’accompagnement encore plus personnel : nous connaissons la communauté et les nombreuses histoires. Cela crée un accompagnement chaleureux et humain. »

L’art de la connexion

« La créativité joue un rôle central », dit Roald avec un sourire. « Un texte personnalisé, une photo, un souvenir… ce petit détail peut tout changer. Ce n’est pas seulement un adieu ; c’est une célébration de la vie. Il s’agit des histoires qui restent à raconter, non seulement sur la personne disparue mais aussi sur ce qui continue après, afin que les souvenirs soient préservés. » « Lors d’un adieu, on pense souvent : ‘C’est la dernière page du livre de la vie’. Mais ce livre continue de vivre dans le cœur des proches. Cette connexion rend ce métier si humain et profond. Il ne s’agit pas seulement de l’adieu, mais de ce qui reste. »

L’humanité comme boussole

Lorsqu’on lui demande de résumer son métier en un mot, Roald répond sans hésitation : « humanité » « Je veux que les familles se sentent vues, qu’elles se souviennent comment nous avons écouté, comment nous avons partagé des silences, comment nous avons fait la différence avec de petits gestes sincères. Pour moi, le soin funéraire n’est pas un travail de neuf à cinq ; il exige le cœur, la passion pour les gens, l’attention et une attitude ouverte sans jugement. Et je suis fier de pouvoir continuer cela, avec notre équipe dévouée — une tradition de soin et d’humanité que Marc Hayen a bâtie et que nous continuons, que Sereni soutient pleinement et veut préserver. »